Attilio et Laura Toracchio

Famille Toracchio

Les Vintune

De Serramonacesca aux rives du Fucino — une histoire de famille, de courage et de racines

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L'histoire des Vintune

L'origine d'un surnom qui perdure dans le temps

« Vintune » — vingt et un, en dialecte abruzzais

Attilio Toracchio et son frère Massimo arrivèrent de Serramonacesca avec toute la famille, composée au total de vingt et une personnes. Lorsqu'ils arrivèrent à San Benedetto, on les appela aussitôt les Vintune.

Comprarono 40 coppe di terra a Fucino e costruirono una casa, ma erano così tanti, che in essa dormivano solo le donne e gli uomini riposavano nei pagliai. Nonostante la strana sistemazione la moglie di Attilio, De Luca Laura ebbe sedici figli. Cominciava a cucinare di prima mattina.

Ils achetèrent 40 coppe de terre au Fucino et construisirent une maison. Mais ils étaient si nombreux que seules les femmes y dormaient — les hommes reposaient dans les meules de paille. Malgré cette étrange organisation, l'épouse d'Attilio, De Luca Laura, eut seize enfants, dont onze survécurent. Elle commençait à cuisiner dès la première heure du matin.

Attilio était surnommé « Magone » : il lisait La Pianeta, était assez cultivé, et déléguait les gros travaux aux autres. Son fils Camillo creusait les puits.

Una volta stava appeso ad una corda a venti metri sottoterra. Un amico si affacciò alla sommità del pozzo e gli disse : « Cami, cumme te sì capate ne beje lavore! » Camillo rispose : « Se eve beje ne me retuccheve »

Une fois, Camillo pendait à une corde, à vingt mètres sous terre. Un ami se pencha au sommet du puits et lui cria :

« Cami, comment t'es-tu retrouvé avec un si beau travail ! »

Camillo répondit :

« Si c'était du beau travail, on ne me l'aurait pas confié. »

Petites anecdotes

Lors du voyage à San Benedetto en juin 2026 de la famille des filles de Rosa, Sonia est reconnue par un ancien du village, et il s'exclama :

« Oh, mais vous êtes de la famille des 21 ! »

S'en suivit une longue conversation sur la famille des 21 !

Jeannine Cannet rapportait les mots de son cousin Claudio :

« Abruzese ma sopratutto Marsicano »

« Abruzzais, mais avant tout Marsicain »

San Benedetto dei Marsi

Notre village, aux portes de l'histoire antique

Abruzzo, Italie

Marruvium

Ancienne capitale du peuple des Marsi

San Benedetto dei Marsi est une commune de la province de L'Aquila, en Abruzze, bâtie sur les rives de l'ancien lac Fucino, aujourd'hui asséché. Sous nos pieds reposent les vestiges de Marruvium, capitale du peuple italique des Marsi, cité romaine que Pline l'Ancien décrivait comme une « splendide cité des Marsi ».

Fondée après la guerre sociale, Marruvium possédait un plan urbain orthogonal (à angle droit), un amphithéâtre, des thermes et de somptueuses demeures. Au Moyen Âge, la ville fut siège épiscopal avant d'être dévastée par les guerres angevines en 1340.

C'est ici que les Toracchio s'installèrent, au cœur d'une terre marquée par deux mille ans d'histoire. Le centre du village fut largement reconstruit après le séisme d'Avezzano en 1915, mais l'âme du lieu — entre montagnes, traditions et mémoire collective — demeure intacte.

Lors des fouilles archéologiques menées sur le site de Marruvium — notamment à la suite du drainage du lac Fucino en 1875 par le prince Alessandro Torlonia et au fil des décennies suivantes — les archéologues ont exhumé une nécropole remarquable. Parmi les sépultures découvertes figure un tombeau royal attribué à un souverain et à son épouse du peuple des Marsi, datant de plusieurs siècles avant notre ère. Ces vestiges témoignent de la puissance et du raffinement de cette civilisation italique qui défendit farouchement son indépendance pendant des générations avant de s'intégrer à Rome.

  • Région — Abruzzes, L'Aquila
  • Population — 3 715 hab. (2026)
  • Patron — Saint Benoît, fête le 1er juin

Arbre généalogique

Les racines de la famille Toracchio

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Cet arbre sera enrichi au fur et à mesure. Les dates et personnes proviennent des archives familiales.

Légendes

Récits et croyances transmis dans la famille

Magie

Dans les campagnes des Abruzzes du début du XXe siècle, savoir lire et consulter les astres tenait du prodige. Attilio Toracchio, surnommé « Magone » (le mage), en avait la réputation : il lisait La Pianeta — l’horoscope de l’almanach —, annonçait le temps et désignait les jours propices. Cet homme-qui-sait, mi-sage mi-sorcier, valut à la famille son aura de magie.

Assunta et Franca

La magie a aussi son versant sombre. Assunta Toracchio, on raconte qu’enfant, elle sortait la nuit en passant par la serrure de la porte. La famille la surveilla ; une nuit, Nonna Laura lui piqua le pied avec une épingle à nourrice pour lui ôter le pouvoir. On dit que pour se venger, la strega — la sorcière qui l’avait ensorcelée — mordit Nonna Laura : des morsures noires apparurent sur son bras.

Sa fille Franca, elle communiquait avec les morts par l’écriture, prêtant sa main et son crayon à l’esprit qui traçait ses messages. Sonia en a fait l’expérience et sa main se mit à écrire seule, incontrôlable. Mais Franca perdit la vue, disant que la strega la lui avait prise.

Et tout ça, c’est ce qui se raconte et fait partie des légendes de la famille…

Livre mystérieux pour lire l’avenir

Tout ce savoir tenait dans un livre mystérieux : un Almanacco Perpetuo de Rutilio Benincasa — astrologie, roues calendaires, semis selon la lune, les six âges du monde et un traité des maladies. C’est là qu’on « lisait l’avenir ». L’exemplaire familial, aujourd’hui en lambeaux, est photographié dans l’album « Le Livre mystérieux » ; Tata Ada en raconte l’histoire dans un enregistrement.

L’œuvre & l’exemplaireAppuyer pour en savoir plus

L’œuvre

Rutilio Benincasa (1555–1626), astronome et mathématicien calabrais, publia son Almanacco Perpetuo vers 1593. L’ouvrage connut un succès de plus de trois siècles : encyclopédie populaire mêlant astronomie, astrologie, calendrier perpétuel, prévisions agricoles et médecine. On disait qu’en bien des foyers paysans italiens, on ne trouvait que deux livres : la Bible et le Benincasa.

Datation de l’exemplaire

L’exemplaire familial n’est pas l’édition originale — c’est une réédition populaire bon marché, probablement de la fin du XIXe ou du tout début du XXe siècle (vers 1880–1910, Naples ou Florence). Indices : typographie et orthographe post-unification italienne ; tables astronomiques couvrant 1721–1768, recopiées à l’identique des éditions anciennes sans mise à jour. Le contenu, lui, remonte au XVIe–XVIIe siècle.

Ce que disent les pages

  • Règle des sept p. 198–199 — calculer le nombre de jours de chaque mois sur les jointures de la main.
  • Cycle solaire & lettre dominicale p. 204–205 — roue de 28 ans pour trouver le jour des dimanches d’une année.
  • Les douze signes p. 224–225 — influence du Bélier et du Taureau ; jours propices pour saigner, planter, se marier.
  • Lire l’heure par son ombre p. 254–256 — table selon la longueur de l’ombre en pas ; méthode de la paume ; l’« Orivomo de Teodosio da Piperno ».
  • Les éclipses — diagramme géométrique des éclipses de Soleil et de Lune.
  • Les six âges du monde p. 257 — chronologie biblique depuis la Création (dimanche 21 mars) jusqu’au Christ.

Photos

Album de famille — souvenirs en images

Sources

Documents d'archives et clichés ayant servi à reconstituer notre histoire

Thomas Cannet
Thomas Cannet

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